Rage de Rencontre.

Illustration originale
Armen SAAKYAN, acrylique, #Nus, #2012©

Où est-elle La Rencontre avec un grand R comme Rage de dent ? Rage du petit matin Rage du soiR…
Le R qui clôture aussi le mot espoiR ?
Pourquoi son rythme
Parcouru de cale en soute des fers a la trépointe de fond en comble est-il si lent à la longue…

Où sont les flammes violettes que nous ramassions après le semi de l’automne
Avant les bombes à fragmentation
Pourquoi est-ce les plus grands esprits qui tombent
Il n’y aucun champ d’honneur
La guerre est une simili aventure qui nous sépare et nous déchire

Dans l’armoire du salon personne à la ronde
Sur les boulevards de la terre personne à la ronde
Sous les bunkers personne à la ronde

À Miami du monde mais personne à la ronde

En huit allez neuf millisecondes un barillet chargé
9 mm ton Beretta comme livre de chevet
Tout semble affairé mais captif
Poète rue de Rivoli

Au métro aérien de la Motte-Picquet-Grenelle
Près du Pont de Bir-Hakeim
Je n’ai pas osé lui dire je t’aime
On a traversé ensemble la Seine

Un simple aller aurait suffit
Un simple murmure ou rictus aurait rectifié l’air du temps
Cette fille déjà femme

Qui n’était prête à rien
Qui ne filtrait que le mode mineur
Sans avoir signé de ma main mon désir
Je n’allais pas lui offrir des fleurs

Un tatouage près du corps que j’aurais pu toucher

Un sens à sa vie que la vague atone lui intimait d’oublier

Silhouette tu ne sais rien de tes courbes
Fixée par vidéosurveillance
Tu te déplaces comme on déplace un simple espace
Je suis seul à rêver la capture de ta chevelure

En dessous des feux de ma mémoire
Ou de tous les chroniqueurs de prétoires

La Rencontre n’aura pas eu lieu
J’ai la larme légère et facile
Il bruinait marteaux et faucilles
Sous une rage de désir à transformer les quais
Sur le clocher de ma montre
Abasourdie la trotteuse
fixait mon chagrin lacrymogène
Comme cette passante dans ma vie
Qui sans le savoir s’est fait la belle

Un bal de nuit offert comme par merveille

Mon jour qui aura perdu son sel.

©Guillaume HOOGVELD #2019 pour le texte

Le Monde est à toi

Mon cœur sauvé par un défibrillateur en te voyant si intense

Brillant dans ce firmament

Imminent sous étoiles

Sans rois ni mages à ta portée

tu invectives toutes les sphères

jusqu’à ce que tout soit mis à nu

Rien que l’univers

Rendu à toi

Rendu à terre

Avec toutes tes putains de tonnerre

J’abandonne par l’opium la distance précipitée

Cette planète bleue

Sans Dieu

Où d’un sobre Index décisionnaire

tu appuies nos possibilités d’être à toi.

 

©Guillaume HOOGVELD #2012 pour le texte

Gustave MOREAU, Salomé
IMAGE ©Droits réservés pour tout pays

Minuit L’heure du mime

Guillaume HOOGVELD Droits réservés©

Minuit

L’heure du mime à sonné

Il s’agit de conserver le silence

Récuser toute violence

Aucun son qui ne saurait sourire ne passera

La porte

Après mes pas

Aucun bruit jamais ne filtrera

Aucune terre à voir

Ni mer à boire

Aucun ciel à croire

Toutes certitudes

Toutes les assises

Sont à revoir

Réviser par le hasard

Une impossibilité en désarme une autre

Qui se présente

En détrousse une autre

Toujours plus intense

Formant un cercle avec l’existence

Qui s’en va d’envie désarmée tenace

Par la menace

Guillaume HOOGVELD Droits réservés 2012@2013©

Le parti pris du feu

Pour les Drs Michel HAMON et Yves EDEL

Picture by CYNEYE© CYNEYE Droits réservés©

Le parti pris du fou

Ne relève pas de mon délire

Laisse-moi donc un peu

De cerveau disponible

Vite ! Il faut que je consomme au pluriel

Pour achever mes bonnes résolutions

Me jeter dans la solution

La peur d’être atteint                       touché

De douter de tout sans philosophie où s’appuyer

De système où s’articuler

Un libre court-circuit dans l’encéphale

L’heure d’ouvrir la vie comme une huitre

Autant de vérités

A séparer de leurs matrices

Je dévore ton éternel

Je ne bouge plus de cette possibilité

Ouverte au ciel

Qui demande

Qui interroge

Et quand parcourir le jardin aux mille délices

Enterrer nos haches

De guerre sur air sur mer dans les airs

Races de l’amer

Tais-toi ne dis rien qui soit contraire

Au probable du Bien

Si fragile lentement tranquille

Une peur qui résonnerait jusque dans le point T comme tympan

Otite de vérité

Lumière totale tout se détache

Au fort et à mesure

La lointaine inconnue

La présente déconvenue

Et puis face à moi

Diagonale surplombant l’axe du mal

Impossible à isoler

Pesanteur et poids du monde

Qui se cherche qui se cache

Le temps de tourner la page

Oublier son âge

Et in fine de rajeunir n’en plus finir

A point nommé

Dans l’expérience de ma frayeur

Une ville qui se découd

Lentement qui se dissout

Le corps en question

En chef d’accusation

D’avoir trop enduré

D’avoir trop croisé le fer avec le miroir

Jamais partir me disais-je

En bouclant mon premier paysage

Pour un second voyage

Pour un autre bagage

Sans la servitude d’être Soi

De se prononcer sur la loi

Au réveil où tout se joue

Toujours plus fort

Mis au monde mis à mal

Criant famine au féminin

Que le monde n’est pas ici pour entendre

Novembre ou décembre

C’est la même saison

Des rendez-vous manqués

Qui s’étendent dans l’horizontalité

Guillaume HOOGVELD Droits réservés 211112©

Enfants & Figurants

A la Mémoire de Marcel Proust

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La Vérité sort toujours des mécréants, qui hantent leurs peines, restés accrochés dans le seul viatique qui nous a fait longtemps signe.

Nous ne pouvons plus nous accomplir comme des enfants. Assis sur nous mêmes, seulement figurants,  nous réfléchissons la mémoire, qui devant nous, s’accomplit encore

Et nous seconde.

 

Bill ASHTRAY 2012©