Je te cherche encore / Inédit de Mérieau / Source FB

Black Zone Myth Chant

Que faire du très mauvais poème dont le brouillon est aussi gris qu’une attaque de souris ? J’allais le recopier quand j’ai reçu cette missive, torpille qui me prouve s’il le fallait encore à quel point l’amour le plus pur n’empêche pas les motifs les plus stupides, un aveuglement volontaire si scandaleux qu’une loi devrait le réprimer durement, de sorte à ce que cela ne se reproduise jamais. Aimer à perte devrait être rangé au rang des crimes et des délits.

Face au décor – puisque sans collision ni feu tout fait décor – je te cherche encore : entre les poteaux qui ne soutiennent rien, les ramures hésitantes, sous la table où le musicien a posé ses machines, aux franges du tapis qui à même la terre délimite la scène. Dans les rais du soleil déclinant, les montants de métal plié, au fond du verre, sous la chaise, dans les détritus, les sacs à main, les billets grattés, je te cherche encore et moins tu apparais plus je te sens vibrante, aussi vive et pleine que l’espace ouvert et vide. Qui n’est pas sans rappeler, par sa souplesse oublieuse, le soutient dont tu me gratifiais sans faillir. Tout vient à manquer, y compris les crises, les défauts et les tortures : ici réside le véritable scandale.

Épilogue : le drame de l’artiste est que son art ne peut pas faire barrage, sa fonction étant à l’inverse de tout laisser passer, tout restituer – si ce n’est même avec une force accrue.

Posté le 2 juillet 2022 sur FB
#JulieMerieau
Radio Mulot aka France Museau / Stream URL :

« There Are Diseases » de Pessoa / le dernier trait avant la grande inspiratrice

 

There Are Diseases

There are diseases worse, yes. than diseases.

Aches that don’t ache even in one’s soul

And yet, that are more aching than the others. There are dreamed anguishes that are more real Than the ones life brings us, there are sensations

felt only by imagining

Which are more ours than our own life is.

There‘s so often a thing which, not existing, Does exist. exists lingeringly

And lingeringly is ours and us…

Above the cloudy green of the broad river
The white circumflexes of the gulls…

Above the soul the useless fluttering –

What never was, nor could be. and is everything.

Give me some more wine, because life is nothing

 

#FernandoPessoa, #1935, Image auto-portrait de #GuillaumeHoogveld, #2020

Traduction anonyme du portugais.