Henri Michaux – Repos Dans Le Malheur (1938)

 

Le malheur, mon grand laboureur,

Le Malheur, assois-toi,

Repose-toi,

Reposons nous un peu toi et moi,

Repose,

Tu me trouves, tu m’éprouves, tu me le prouves.

Je suis ta ruine.

Mon grand théâtre, mon havre, mon âtre,

Ma cave d’or,

Mon avenir, ma vraie mère, mon horizon.

Dans ta lumière, dans ton ampleur, dans mon horreur,

 

Je m’abandonne.


Henri Michaux – PLUME précédé de LOINTAIN INTÉRIEUR [1938]

Un jour disparaître

Un jour comme celui-ci

j’ai bravé la vie

Traquant l’épaisseur du jour

Épiant les défis du possible

L’épaisseur infinie de l’infime

La porte étroite & le contour illimité

Filant                     Libre étoile

Dans le creux de la toile

Comme Van Gogh et ses huiles délicieuses

Aux caresses capricieuses

Un jour comme celui-ci

qui n’a jamais existé.

Guillaume HOOGVELD  inédit de nuit  200812©

De toute éternité, Peinture de Vincent Van Gogh©