J’ai en moi

VENISE-24--28-01-16 467

 

J’ai été moi
J’ai été moi sous tous les souffles
La main coupée                    mes idiomes alertes

J’ai en moi tous les crépuscules qui s’affaissent dès que les yeux des amants ne savent plus se parler

J’ai en moi toutes les localités
Mille lieux de béton sous la mer
mille manières de battre le fer
Entre deux gazoducs je pèse la couleur de l’été

on m’avait promis sa venue
Promis qu’il serait durée et volupté

J’ai en moi toute une volonté en peau de chagrin
J’ai en moi une péninsule qui ne parle plus le même langage que l’exil 
un baiser hors du temps
qui n’a pas existé faute d’avoir été incrédule ce baiser qui a pas existé
Mais qui pourtant un jour n’existe plus

J’ai en moi toute la vanité des maladies vénéneuses
J’ai sur moi la loi du silence
un contrat sur une silhouette 
J’ai sur moi une seconde d’agitation
J’ai sur moi la réponse à vos questions

J’ai en moi la fin du monde
La fin des cadrans solaires
La fin des carnages d’hiver
J’ai en moi la honte du monde
Tout cela à porter sur mes épaules
Tout ça pour donner du sens à la vitesse
Le vent dans le dos les pâles figures se dressent
puis se délient à l’emporte pièce

Comptez
Dressez
Domptez en vous la pulsion qui vous pousse à tout décomposer
Après tant de démesure plaquée sur les murs
Et de la pensée au geste habitez un train ce soir
Un train une vielle micheline de nuit vers Lisbonne
Où là bas vous attend un feu frère
Qui loge rue Douradores
Que dis – je un feu de fiction alimenté par l’extrême pluralité de ses noms
Ô Fernando où glisses-tu ?

J’ai promis à mes amis
D’avoir assez d’yeux et de nerfs
Pour ramener à même leurs blocs de béton
Mille saudade exfiltrées
D’une lagune d’un bleu hérissé par le vert

J’ai en moi toute la finitude de nos vies,  l’impact et la folie.

J’ai en moi ma propre absence.

 

©Guillaume HOOGVELD @2016 pour le texte et l’image

Anton LARBIE

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SINUOSITÉS SILLONS SILLAGES
 
 
 
ŒUVRES originales et UNIQUES sur papier de Navarre, rehaussées à l’aquarelle par l’Artiste dont voici la dernière présentation qu’on pouvait lire de lui dans une salle des ventes Milanaise cet été.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

« Anton Larbie, né à peine en 1965 au Soudan, de mère polonaise et de père marocain, « citoyen transversal » comme il aime à se présenter, et autodidacte sauvage », a choisi la langue française pour s’installer. Il est peintre, illustrateur, maquettiste, dessinateur. Il privilégie les petits formats et les oeuvres sur papier. Il a collaboré avec de nombreux poètes. Célibataire et insaisissable, y compris pour lui-même, lorsque la bougeotte le prend, il se partage entre ses différents pays d’élection et « d’insoupçonnables cagibis ». Son oeuvre s’articule autour de deux concepts obsessionnels, qu’il affiche comme étant ses totems, Les Basses oeuvres et Le Labyrinthe et son muscle. »

Anton Larbie ©

Titres, de gauche à droite, des oeuvres larbiennes :
1 Dieux gaspilleurs
2 et 3 (pourquoi avoir doublé ainsi quelques images?) Labyrinthe et son muscle
4 et 5 Seulement Touaregs
6 et 7 Facettes du Grand Danger
8 Prélude de l’incroyable
9 Cosmos riquiqui
10 Aboi à  la lune
11 Animal-machine
12 Masque nègre
13 Jungle
14 Nectar des assassins
15 Rhapsodie I
16 Hommage à Tapiès
17 Mers voyoues
18 Les convives de l’au-delà
19 Maldoror I
20 Robe-Cobra
21 Blancheur secrète du jour
22 Hommage à Artaud
23 Pseudonyme de l’extrême I
24 Plongeon en couple
25 Oasis I
26 Sérum des îles
27 Pseudonyme de l’extrême II
28 Pseudonyme de l’extrême III

Collection P.A.A.©

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ou l’artiste lui-même à larbie@guillaumehoogveld.net