Michael PALMER / First figure / Echo (Pascal Quignard)/Abstract

(texte antiparallèle pour Pascal Quignard 1)

Which resounds. Re-sounds. Where first follow. The letter he had lost reappeared in his palm. Identity was the cause. Not that the word spoken had been heard. Not that a word spoken can be seen, even partially, traced against the screen. Language copies him in its listening, tracing his imperfect copy. Which re-sounds. Echoes briefly. The rustling a wall transmits by interference. For example: raised both arms above his head. And said: a letter a letter can be reckoned with. Rustling as of an article of clothing such as a dress or green dress. An even greyness as of a page, recording events. The subject is this, rustling at the moment of enunciation, to be reckoned with. Not that the words thus raised above the head and turned into hills. Could possibly. Be recognised in his own misunderstanding. After the talking is done a kind of attention to each mark, an injured identity traced against the screen. Soweto-Miami. Cremated beside the river.

(texte antiparallèle pour Pascal Quignard 1)

qui résonne. Ré-sonne. Où le premier suivrait. La lettre qu’il avait perdue réapparue dans sa paume. L’identité en était la cause. Non que le mot prononcé ait été entendu. Non que le mot prononcé puisse être vu, même partiellement, tracé contre l’écran. Le langage le copie dans son écoute, traçant sa copie imparfaite. Qui ré-sonne. Fait écho brièvement. Le bruissement qu’un mur transmet par interférence. Par exemple : levé les deux bras au-dessus de sa tête. Et dit : une lettre une lettre avec laquelle pouvoir compter. Bruissant comme d’un vêtement tel qu’une robe ou une robe verte. Une même teinte grise comme d’une page, enregistrant des événements. Le sujet est celui-ci, bruissant au moment de la prononciation, avec lequel compter. Non que les mots ainsi s’élevaient au-dessus de la tête et se transformaient en collines. Cela se pourrait. Être reconnu dans sa propre incompréhension. Après que la conversation soit faite une espèce d’attention à chaque marque, une identité blessée tracée contre l’écran. Soweto-Miami. Incinéré à côté de la rivière.

1/ En français dans le texte.

©traduction d’Eric Suchère. Corti 2011.

© Illustration de Jean-Marc MUSIAL, « J’entrerai dans l’ombre », Encre 40 x 30, 2014@2016. Droits réservés.

Barabas est vivant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce texte est particulièrement dédié à Nancy,  mon amie de toutes les vies de tous les détours, les hors-champs, les envers du décor auquel nous avons survécu.
https://www.facebook.com/cyneye

J’attends le mauvais soir

Je parcours à sang d’encre un continuum espace violence

Perdu plume et autres outils contigus à mes fabrications

J’attendais le soir pour ne plus rien reconnaître de tous les  séquences  du jour parjurées mille fois

Je cherchais la clef de l’aube

Qui ouvrirait le retour de mes rêves

J’ai peut être triché avec le prix de la vie

Mais j’en connais biologiquement sa valeur sa douleur

Et je sais qu’à toutes intersections il n’y à pas de justice si ce n’est IMPACT

Les hommes mentent à double  tranchant

Les hommes ne veulent pas savoir qu’ils penchent vers l’injustice qu’ils ont libéré Barabas et mutilé la croix        sous

l’autorité d’un Pilate dépassé

Mais comment croire en l’histoire

Cette utopie criblée de balles de bonnes intentions

A la TV ou hors de son indécente audience

En sécurité avec sa famille et ses armes blanches

Le spectateur d’aujourd’hui croit pouvoir emprunter aux icônes et aux héros

La détermination et l’esprit habité de ces

Hommes qui sont mort de vie pour un destin

Les oiseaux Hitchcock tourneront toujours un film dans l’inconscient des hommes

L’injustice fait monter l ‘audimat l’injustice excite les annonceurs

Et nous valsons depuis trop longtemps avec l’idée d’une meilleure Histoire à compter à nos enfants

Que nous serions fiers de raconter au soir couchant de signes prometteurs

Qui n’en croiraient pas un mot,

Déjà mordus par GOOGLE avant minuit.

 

 

©Guillaume HOOGVELD @2016 pour le texte et l’image

Jean-Marc MUSIAL, Un dessin une nuit©, Droits réservés© pour l’image

Article mis en avant

TZARA / Extraits par milliers de voyages à parcourir dans l” Homme Approximatif” (1925-1930)

musial

même sous l’écorce des bouleaux la vie se perd en hypothèses sanglantes

où les pics picorent des astres et les renards éternuent des échos insulaires

mais de quelles profondeurs surgissent ces flocons d’âmes damnées

qui grisent les étangs de leur chaude paresse

est-ce le cygne qui gargarise son blanc d’eau

blanc est le reflet dont la vapeur se joue sur le frisson de l’otarie

dehors est blanc

une éclaircie chantante d’ailes absorbe le mistral dans sa corolle de paon

que l’arc-en-ciel décloue de la croix du souvenir

frottant les dents du ciel battant le linge à la rivière

tourbillonnent les moulins blancs

parmi les flocons d’âme que fument les opiomanes à l’ombre des éperviers

la bouche serrée entre deux nouvelles contraires s’agrippe

comme le monde imprévue entre ses mâchoires

et le son sec se casse contre la vitre

car jamais parole n’a franchi le seuil des corps

mort est l’élan qui faisait bouillir le mauvais temps

dans les récipients des pauvres hideuses têtes nos voisines

et malgré la bourbe citadine de nos sentiments

dehors est blanc

qu’importe le dégoût puisque notre force est plus ininflammable que la mort

et son ardeur ne détruira ni nos couleurs ni nos amours

coquillages et moellons stratifiés dans des étages de proverbes

le sens est le seul feu invisible qui nous consume

depuis l’origine du premier chiffre

les aviculteurs parlent un langage simple

formé d’un alphabet d’oiseaux aux blancs dehors

blanc est le doigt que les penseurs ont tant frotté contre leur tempe

nous ne sommes pas des penseurs

nous sommes faits de miroirs et d’air

et quand même insatisfaits obscurs moroses imper­méables

les dents de scie qui ornent notre front voisinent avec la mort

et sautent aux yeux d’une chose à l’autre tout le long du dictionnaire

frottant les dents du ciel battant le linge à la rivière

vomi des blanches crêtes le brouillard se coagule parmi nous

et bientôt serons-nous pris dans la matière dense et boueuse

bientôt serons-nous absorbés par la spongieuse léthar­gie du fer

qui dépasse de la longueur d’une douloureuse litanie la bière et le mensonge

surgi de quel glacier mordant dont le blanc dehors gargarisme de nuage

suce aux racines de nos iris le miel des siècles à venir

©Jean-Marc MUSIAL, ©Un dessin une nuit pour l’image

 

Métamorphose

image

« Nietzsche » par Musial

Je suis passé
Mon dieu (encore lui)
Par toutes les natures
Et toutes les fibres
Du sujet à l’objet
Passé
Pour savoir qui je suis
Et pourquoi point je n’agis

Statufié J’ordonne un vacarme
À même mes pas
Entre les ébauches des passants
Qui jamais ne me voient
Qui jamais ne me nomment
De la pierre à la première personne
C’est en moi que la tempête frissonne
C’est en moi que l’ univers carillonne

Il est temps de passer à l’heure d’été
Temps de mettre à jour ses obscurités
On n’est jamais atteint que par la Beauté
Un syndrome de Stendhal qui vient se fracasser sur le remblai
Une esquisse un portrait la marée

Je suis rattrapé

 

 

©Guillaume HOOGVELD @2015 pour le texte

Jean-Marc MUSIAL, Un dessin par nuit© pour l’image