Luc Dellisse – Éloge paradoxal des hôtels Ibis

J’ai été aussi nomade qu’on peut l’être, au gré de mes obligations. J’ai consacré une bonne partie de mes minces ressources à me loger ça et là, aux quatre coins de l’Europe. J’aimais ces haltes de la nuit, à l’étranger, en province, chez l’inconnu. J’essayais chaque fois de trouver le meilleur gîte possible. Je n’y... Lire la suite →

L’homme de peine

Je dis Je pour Vous je ne suis moi-même plus que le gardien de mon propre égo Je ne m'intéresse à qui sois-tu aux fils luisants préférant la nuit abhorrant l'ennui Je n'ai rien compris au désespoir je subis sa pièce trop lumineuse pour ressembler aux visages aimés défigurés déshabillés par la porte ouverte étroite

(Go fuck yourself) America / Allen Ginsberg

America I've given you all and now I'm nothing. America two dollars and twenty-seven cents January 17, 1956. I can't stand my own mind. America when will we end the human war? Go fuck yourself with your atom bomb I don't feel good don't bother me. I won't write my poem till I'm in my... Lire la suite →

ARAGON « Le Paysan de Paris », 1924

« N'en doutez pas, ce sont les ennemis de l'ordre qui mettent en circulation ce philtre d'absolu. Ils le passent secrètement sous les yeux des gardiens, sous la forme de livres, de poèmes. Le prétexte anodin de la littérature leur permet de vous donner à un prix défiant toute concurrence ce ferment mortel duquel il... Lire la suite →