Ilarie Voronca / Beauté de ce monde

 

à Léon-Paul Fargue

Rien n’obscurcira la beauté de ce monde.
Les pleurs peuvent inonder toute la vision. La souffrance
peut enfoncer ses griffes dans ma gorge. Le regret,
l’amertume, peuvent élever leurs murailles de cendre,
la lâcheté, la haine, peuvent étendre leur nuit,
Rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Nulle défaite ne m’a été épargnée. J’ai connu
le goût amer de la séparation. Et l’oubli de l’ami
et les veilles auprès du mourant. Et le retour
vide, du cimetière. Et le terrible regard de l’épouse
abandonnée. Et l’âme enténébrée de l’étranger,
mais rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Ah ! On voulait me mettre à l’épreuve, détourner
mes yeux d’ici-bas. On se demandait : « Résistera-t-il ? »
Ce qui m’était cher m’était arraché. Et des voiles
sombres, recouvraient les jardins à mon approche
la femme aimée tournait de loin sa face aveugle
mais rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Je savais qu’en dessous il y avait des contours tendres,
la charrue dans le champ comme un soleil levant,
félicité, rivière glacée, qui au printemps
s’éveille et les voix chantent dans le marbre
en haut des promontoires flotte le pavillon du vent
Rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Allons ! Il faut tenir bon. Car on veut nous tromper,
si l’on se donne au désarroi on est perdu.
Chaque tristesse est là pour couvrir un miracle.

Un rideau que l’on baisse sur le jour éclatant,
rappelle-toi les douces rencontres, les serments,
car rien n’obscurcira la beauté de ce monde.

Il faudra jeter bas le masque de la douleur,
et annoncer le temps de l’homme, la bonté,
et les contrées du rire et la quiétude.
Joyeux, nous marcherons vers la dernière épreuve
le front dans la clarté, libation de l’espoir,
rien n’obscurcira la beauté de ce monde.


Crédits photo ©ALFRED HOOGVELD #1997 POUR ©POÈTES ANONYMES ASSOCIÉS

Michael PALMER / First figure / Echo (Pascal Quignard)/Abstract

(texte antiparallèle pour Pascal Quignard 1)

Which resounds. Re-sounds. Where first follow. The letter he had lost reappeared in his palm. Identity was the cause. Not that the word spoken had been heard. Not that a word spoken can be seen, even partially, traced against the screen. Language copies him in its listening, tracing his imperfect copy. Which re-sounds. Echoes briefly. The rustling a wall transmits by interference. For example: raised both arms above his head. And said: a letter a letter can be reckoned with. Rustling as of an article of clothing such as a dress or green dress. An even greyness as of a page, recording events. The subject is this, rustling at the moment of enunciation, to be reckoned with. Not that the words thus raised above the head and turned into hills. Could possibly. Be recognised in his own misunderstanding. After the talking is done a kind of attention to each mark, an injured identity traced against the screen. Soweto-Miami. Cremated beside the river.

(texte antiparallèle pour Pascal Quignard 1)

qui résonne. Ré-sonne. Où le premier suivrait. La lettre qu’il avait perdue réapparue dans sa paume. L’identité en était la cause. Non que le mot prononcé ait été entendu. Non que le mot prononcé puisse être vu, même partiellement, tracé contre l’écran. Le langage le copie dans son écoute, traçant sa copie imparfaite. Qui ré-sonne. Fait écho brièvement. Le bruissement qu’un mur transmet par interférence. Par exemple : levé les deux bras au-dessus de sa tête. Et dit : une lettre une lettre avec laquelle pouvoir compter. Bruissant comme d’un vêtement tel qu’une robe ou une robe verte. Une même teinte grise comme d’une page, enregistrant des événements. Le sujet est celui-ci, bruissant au moment de la prononciation, avec lequel compter. Non que les mots ainsi s’élevaient au-dessus de la tête et se transformaient en collines. Cela se pourrait. Être reconnu dans sa propre incompréhension. Après que la conversation soit faite une espèce d’attention à chaque marque, une identité blessée tracée contre l’écran. Soweto-Miami. Incinéré à côté de la rivière.

1/ En français dans le texte.

©traduction d’Eric Suchère. Corti 2011.

© Illustration de Jean-Marc MUSIAL, « J’entrerai dans l’ombre », Encre 40 x 30, 2014@2016. Droits réservés.

Borges / Autre Poème des dons

Je veux rendre grâce au divin

Labyrinthe des effets et des causes

Pour la diversité des créatures

Qui composent ce singulier univers,

Pour la raison, qui ne cessera jamais de rêver

Au plan du labyrinthe.

Pour le visage d’Hélène et pour la persévérance d’Ulysse,

Pour l’amour, qui nous permet de voir nos semblables

Comme les voit la divinité,

Pour le ferme diamant et pour l’eau dénouée,

Pour l’algèbre, palais de cristaux précis,

Pour les monnaies mystiques de Silesius,

Pour Schopenhauer,

Qui peut-être déchiffra l’univers,

Pour l’éclat du feu

Qu’aucun être humain ne peut regarder sans un ancien étonnement,

Pour l’acajou, le cèdre et le santal,

Pour le pain et le sel,

Pour le mystère et la rose

Qui prodigue la couleur et qui ne la voit pas,

Pour certaines veilles et certains jours de 1955,

Pour les durs gardians qui sur la plaine

Font aller devant eux le bétail et l’aube,

Pour le petit matin à Montevideo,

Pour l’art de l’amitié,

Pour le dernier jour de Socrate,

Pour les mots échangés au crépuscule

D’une croix à l’autre,

Pour ce rêve de l’Islam qui embrassa

Mille nuits et une nuit,

Pour cet autre rêve, l’enfer

Pour le feu purificateur de la Tour

Et pour ses sphères glorieuses,

Pour Swedenborg

Qui parlait avec les anges dans les rues de Londres,

Pour les fleuves secrets et immémoriaux

Qui convergent en moi,

Pour la langue qu’il y a des siècles et des siècles j’ai parlée en Northumbrie,

Pour l’épée et la harpe des Saxons,

Pour la mer, qui est un désert resplendissant,

Un symbole de nos ignorances

Et une épitaphe des Vikings,

Pour la musique verbale d’Angleterre,

Pour la musique verbale d’Allemagne,

Pour l’or qui brille dans les vers,

Pour l’hiver épique,

Pour le nom d’un livre que je n’ai pas lu : Gesta Dei per Francos,

Pour Verlaine, innocent comme les oiseaux,

Pour le prisme de cristal et le poids de cuivre,

Pour les zébrures du tigre,

Pour les hautes tours de San Francisco et de l’île de Manhattan,

Pour le matin au Texas,

Pour ce Sévillan qui rédigea l’Epître morale,

Et dont, comme il l’eut préféré, nous ignorons le nom ;

Pour Sénèque et pour Lucain, de Cordoue,

Qui avant la langue espagnole écrivirent

Toute la littérature espagnole,

Pour le fier et géométrique jeu d’échecs,

Pour la tortue de Zénon et la carte de Royce,

Pour l’odeur médicinale des eucalyptus,

Pour le langage, qui est capable de simuler la connaissance,

Pour l’oubli, qui annule ou modifie le passé,

Pour l’habitude,

Qui nous répète et nous confirme comme un  miroir,

Pour le matin, qui nous procure l’illusion d’un commencement,

Pour la nuit, avec ses ténèbres et son astronomie,

Pour la vaillance et le bonheur d’autrui,

Pour la patrie, sentie dans les jasmins

Ou dans une vieille épée,

Pour Whitman et saint François d’Assise, qui ont déjà écrit le poème,

Pour le fait que le poème est inépuisable,

Qu’il se confond avec la somme des créatures,

Qu’il ne parviendra jamais au dernier vers

Et qu’il varie selon les hommes,

Pour Frances Haslam*, qui demanda pardon à ses enfants

De mettre si longtemps à mourir,

Pour les minutes qui précèdent le sommeil,

Pour le sommeil et pour la mort,

Ces deux trésors cachés,

Pour les dons intimes que je n’écrirai pas,

Pour la musique, mystérieuse forme du temps.

 

*Grand-mère de Borges

 

Jorge Luis Borges, L’Autre, le Même dans Œuvre poétique 1925-1965. Mise en vers français par Ibarra. Editions Gallimard 1970

©Guillaume HOOGVELD ©2019 pour la photographie des « Amoureux Anonymes Associés » du Palais Graslin, NANTES, 24 avril 2019, 22H47.

 

 

 

Baudelaire / Réversibilité / Reversibility

Réversibilité

Ange plein de gaieté, connaissez-vous l’angoisse,
La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,
Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits
Qui compriment le coeur comme un papier qu’on froisse?
Ange plein de gaieté, connaissez-vous l’angoisse?

Ange plein de bonté, connaissez-vous la haine,
Les poings crispés dans l’ombre et les larmes de fiel,
Quand la Vengeance bat son infernal rappel,
Et de nos facultés se fait le capitaine?
Ange plein de bonté connaissez-vous la haine?

Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres,
Qui, le long des grands murs de l’hospice blafard,
Comme des exilés, s’en vont d’un pied traînard,
Cherchant le soleil rare et remuant les lèvres?
Ange plein de santé, connaissez-vous les Fièvres?

Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides,
Et la peur de vieillir, et ce hideux tourment
De lire la secrète horreur du dévouement
Dans des yeux où longtemps burent nos yeux avide!
Ange plein de beauté, connaissez-vous les rides?

Ange plein de bonheur, de joie et de lumières,
David mourant aurait demandé la santé
Aux émanations de ton corps enchanté;
Mais de toi je n’implore, ange, que tes prières,
Ange plein de bonheur, de joie et de lumières!

Charles Baudelaire

 

Reversibility

Angel full of gaiety, do you know anguish,
Shame, remorse, sobs, vexations,
And the vague terrors of those frightful nights
That compress the heart like a paper one crumples?
Angel full of gaiety, do you know anguish?

Angel full of kindness, do you know hatred,
The clenched fists in the darkness and the tears of gall,
When Vengeance beats out his hellish call to arms,
And makes himself the captain of our faculties?
Angel full of kindness, do you know hatred?

Angel full of health, do you know Fever,
Walking like an exile, moving with dragging steps,
Along the high, wan walls of the charity ward,
And with muttering lips seeking the rare sunlight?
Angel full of health, do you know Fever?

Angel full of beauty, do you know wrinkles,
The fear of growing old, and the hideous torment
Of reading in the eyes of her he once adored
Horror at seeing love turning to devotion?
Angel full of beauty, do you know wrinkles?

Angel full of happiness, of joy and of light,
David on his death-bed would have appealed for health
To the emanations of your enchanted flesh;
But of you, angel, I beg only prayers,
Angel full of happiness, of joy and of light!

— William Aggeler, The Flowers of Evil (Fresno, CA: Academy Library Guild, 1954)

T.S. Eliot / The Love Song of J. Alfred Prufrock

Pour Michèle Loyer qui depuis sa rive gauche m’avait ouvert une fenêtre si intense et esthétique en me lisant des extraits de ce poème qui rassemble toutes les natures vives du monde, à la limite de son propre silence !

Let us go then, you and I,
When the evening is spread out against the sky
Like a patient etherized upon a table;
Let us go, through certain half-deserted streets,
The muttering retreats
Of restless nights in one-night cheap hotels
And sawdust restaurants with oyster-shells:
Streets that follow like a tedious argument
Of insidious intent
To lead you to an overwhelming question …
Oh, do not ask, “What is it?”
Let us go and make our visit.

In the room the women come and go
Talking of Michelangelo.

The yellow fog that rubs its back upon the window-panes,
The yellow smoke that rubs its muzzle on the window-panes,
Licked its tongue into the corners of the evening,
Lingered upon the pools that stand in drains,
Let fall upon its back the soot that falls from chimneys,
Slipped by the terrace, made a sudden leap,
And seeing that it was a soft October night,
Curled once about the house, and fell asleep.

And indeed there will be time
For the yellow smoke that slides along the street,
Rubbing its back upon the window-panes;
There will be time, there will be time
To prepare a face to meet the faces that you meet;
There will be time to murder and create,
And time for all the works and days of hands
That lift and drop a question on your plate;
Time for you and time for me,
And time yet for a hundred indecisions,
And for a hundred visions and revisions,
Before the taking of a toast and tea.

In the room the women come and go
Talking of Michelangelo.

And indeed there will be time
To wonder, “Do I dare?” and, “Do I dare?”
Time to turn back and descend the stair,
With a bald spot in the middle of my hair —
(They will say: “How his hair is growing thin!”)
My morning coat, my collar mounting firmly to the chin,
My necktie rich and modest, but asserted by a simple pin —
(They will say: “But how his arms and legs are thin!”)
Do I dare
Disturb the universe?
In a minute there is time
For decisions and revisions which a minute will reverse.

For I have known them all already, known them all:
Have known the evenings, mornings, afternoons,
I have measured out my life with coffee spoons;
I know the voices dying with a dying fall
Beneath the music from a farther room
So how should I presume?

And I have known the eyes already, known them all—
The eyes that fix you in a formulated phrase,
And when I am formulated, sprawling on a pin,
When I am pinned and wriggling on the wall,
Then how should I begin
To spit out all the butt-ends of my days and ways?
And how should I presume?

And I have known the arms already, known them all—
Arms that are braceleted and white and bare
(But in the lamplight, downed with light brown hair!)
Is it perfume from a dress
That makes me so digress?
Arms that lie along a table, or wrap about a shawl.
And should I then presume?
And how should I begin?

Shall I say, I have gone at dusk through narrow streets
And watched the smoke that rises from the pipes
Of lonely men in shirt-sleeves, leaning out of windows? …

I should have been a pair of ragged claws
Scuttling across the floors of silent seas.

And the afternoon, the evening, sleeps so peacefully!
Smoothed by long fingers,
Asleep … tired … or it malingers,
Stretched on the floor, here beside you and me.
Should I, after tea and cakes and ices,
Have the strength to force the moment to its crisis?
But though I have wept and fasted, wept and prayed,
Though I have seen my head (grown slightly bald) brought in upon a platter,
I am no prophet — and here’s no great matter;
I have seen the moment of my greatness flicker,
And I have seen the eternal Footman hold my coat, and snicker,
And in short, I was afraid.

And would it have been worth it, after all,
After the cups, the marmalade, the tea,
Among the porcelain, among some talk of you and me,
Would it have been worth while,
To have bitten off the matter with a smile,
To have squeezed the universe into a ball
To roll it towards some overwhelming question,
To say: “I am Lazarus, come from the dead,
Come back to tell you all, I shall tell you all”—
If one, settling a pillow by her head
Should say: “That is not what I meant at all;
That is not it, at all.”

And would it have been worth it, after all,
Would it have been worth while,
After the sunsets and the dooryards and the sprinkled streets,
After the novels, after the teacups, after the skirts that trail along the floor—
And this, and so much more?—
It is impossible to say just what I mean!
But as if a magic lantern threw the nerves in patterns on a screen:
Would it have been worth while
If one, settling a pillow or throwing off a shawl,
And turning toward the window, should say:
“That is not it at all,
That is not what I meant, at all.”

No! I am not Prince Hamlet, nor was meant to be;
Am an attendant lord, one that will do
To swell a progress, start a scene or two,
Advise the prince; no doubt, an easy tool,
Deferential, glad to be of use,
Politic, cautious, and meticulous;
Full of high sentence, but a bit obtuse;
At times, indeed, almost ridiculous—
Almost, at times, the Fool.

I grow old … I grow old …
I shall wear the bottoms of my trousers rolled.

Shall I part my hair behind? Do I dare to eat a peach?
I shall wear white flannel trousers, and walk upon the beach.
I have heard the mermaids singing, each to each.

I do not think that they will sing to me.

I have seen them riding seaward on the waves
Combing the white hair of the waves blown back
When the wind blows the water white and black.
We have lingered in the chambers of the sea
By sea-girls wreathed with seaweed red and brown
Till human voices wake us, and we drown.

Source: Collected Poems 1909-1962 (1963)

Cyrano de Bergerac – Intégralité de la lettre à Roxanne

Première version de la Lettre à Roxane

Une flèche en plein cœur peut du ciel être un don
Quand l’archer qui l’envoie se nomme Cupidon.
Moi, mon cœur a saigné sans qu’aucun médecin
N’ait pu cicatriser cette plaie du destin.
Je vous aime Roxane, et plus longtemps ne puis
Retenir cet aveu qui de ma main s’enfuit.
Plus de cent fois déjà tout mon être a tremblé
Au moment fatidique où j’allais le confier.
Mais je suis pétrifié au son de votre voix
Et je m’évanouis de peur quand je vous vois.
Je vous aime n’est pas chose facile à dire
Quand celui qui l’avoue n’est pas loin d’en mourir,
Et craint plus que la mort que sa déclaration
Vous soit du même effet qu’une déclamation.
Et si la crainte existe à devoir vous l’écrire,
Mon cœur, sans me trahir, se met seul à rougir.
Vous aimer est folie quand on a mon visage.
La nature chez moi a raté son ouvrage,
N’offrant à vos regards qui sont un pur délice
Que l’indélicatesse d’un nasal appendice.
Mais le cœur ne peut se complaire à la raison
Et se plait à rêver d’une douce illusion :
Que l’être tant aimé, celui qui vous est cher,
Ne voit que l’émotion et non le bout de chair.
Je vous aime en secret depuis le premier jour
Et je frémis d’espoir, souhaitant qu’à leur tour,
De ce que je vous dis, vos lèvres adorées
Me rendent un écho qui serait un baiser.

Combien de fois tremblant, de peur de vous déplaire,
J’ai choisi de souffrir en préférant me taire.
Faisant le mauvais choix, j’étouffais de douleur
A ne vouloir jamais laisser parler mon cœur.
Mais l’heure est arrivée de déclarer ma flamme
A l’être cher pour qui je donnerais mon âme.
L’élégance eut été de vous le confesser
De vive voix bien sûr, et non sur un billet.
Qu’importe le moyen pour peu que je le dise :
Je vous aime à mourir, mais de façon exquise,
Car pourrait-on rêver destin plus merveilleux
Que d’être naufragé dans l’éden de vos yeux…
Je frissonne d’émoi et sens monter la fièvre
A la seule pensée du dessin de vos lèvres…
Tout mon corps est transi au son de votre voix
Et je m’évanouis de peur quand je vous vois.
Pardonnez l’émotion de celui qui vous aime…
(Pas besoin de signer. Je la donne moi-même)