Archive for juillet, 2014

Robert Desnos / Si tu savais

Posted in THEOREMES TEXTUELS exfiltrés : patchwork compilé par Bill Ashtray on juillet 21st, 2014 by admin – Commentaires fermés sur Robert Desnos / Si tu savais

Si tu savais

Loin de moi et semblable aux étoiles et à tous les accessoires de la mythologie poétique,
Loin de moi et cependant présente à ton insu,
Loin de moi et plus silencieuse encore parce que je t’imagine sans cesse,
Loin de moi, mon joli mirage et mon rêve éternel, tu ne peux pas savoir.
Si tu savais.
Loin de moi et peut-être davantage encore de m’ignorer et m’ignorer encore.
Loin de moi parce que tu ne m’aimes pas sans doute ou, ce qui revient au même, que j’en doute.
Loin de moi parce que tu ignores sciemment mes désirs passionnés
Loin de moi parce que tu es cruelle.
Si tu savais.
Loin de moi, ô joyeuse comme la fleur qui danse dans la rivière au bout de sa tige aquatique, ô triste comme sept heures du soir dans les champignonnières.
Loin de moi silencieuse encore ainsi qu’en ma présence et joyeuse encore comme l’heure en forme de cigogne qui tombe de haut.
Loin de moi à l’instant où chantent les alambics, l’instant où la mer silencieuse et bruyante se replie sur les oreillers blancs.
Si tu savais.
Loin de moi, ô mon présent présent tourment, loin de moi au bruit magnifique des coquilles d’huîtres qui se brisent sous le pas du noctambule, au petit jour, quand il passe devant la porte des restaurants.
Si tu savais.
Loin de moi, volontaire et matériel mirage.
Loin de moi, c’est une île qui se détourne au passage des navires.
Loin de moi un calme troupeau de boeufs se trompe de chemin, s’arrête obstinément au bord d’un profond précipice, loin de moi, ô cruelle.
Loin de moi, une étoile filante choit dans la bouteille nocturne du poète. Il met vivement le bouchon et dès lors il guette l’étoile enclose dans le verre, il guette les constellations qui naissent sur les parois, loin de moi, tu es loin de moi.
Si tu savais.
Loin de moi une maison achève d’être construite.
Un maçon en blouse blanche au sommet de l’échafaudage chante une petite chanson très triste et, soudain, dans le récipient empli de mortier apparaît le futur de la maison : les baisers des amants et les suicides à deux et la nudité dans les chambres des belles inconnues et leurs rêves- à minuit, et les secrets voluptueux surpris par les lames de parquet.
Loin de moi,
Si tu savais.
Si tu savais comme je t’aime et, bien que tu ne m’aimes pas, comme je suis joyeux, comme je suis robuste et fier de sortir avec ton image en tête, de sortir de l’univers.
Comme je suis joyeux à en mourir.
Si tu savais comme le monde m’est soumis.
Et toi, belle insoumise aussi, comme tu es ma prisonnière.
Ô toi, loin de moi, à qui je suis soumis.
Si tu savais.

Robert Desnos

Imagine rêve reviens

Posted in POESIE LIVE - NOUVELLES PRODUCTIONS de Guillaume HOOGVELD on juillet 7th, 2014 by admin – Commentaires fermés sur Imagine rêve reviens

Je t’imagine

De toutes les formes d’estime

Dans l’impossibilité

De te savoir

Maitre du je tu ils

Et nous vous ils

Incroyablement hostiles

À toute idée d’ile déserte

Une vertu qui se rapprocherait du futile

Il nous serait loisible de nous organiser en totale sédition

D’être Assis à la droite du bon sens

Assis sur le dancefloor du silence

Vous ne serez plus mes amis

Ni serait coupables de l’avoir été

Au sens propre comme au sens sale

Comme un objet non identifié

Au sens non figuré

Suspendu à une œuvre flottante dans l’univers

Et qui descendrait des enfers

Tu ne marquerais par la glaise de tes pas.

INEDIT GUILLAUME HOOGVELD@2013
REF ABSENTAP94

Zeste de SAHEL

Posted in POESIE LIVE - NOUVELLES PRODUCTIONS de Guillaume HOOGVELD on juillet 6th, 2014 by admin – Commentaires fermés sur Zeste de SAHEL

Je quitte toute urbanité pour renouer

Avec un zeste de SAHEL

Séjour sous le sable

Sous les pavés affables

Qui peinent à revendiquer

Leur identité de pierre

Séjour sous le sable

Si do la sol fa mi ré do_SILENCE_RADIO_

Curseur remis à Zéro

Silence & fragrance du désert

L’innocence est soudainement

Poids & charge d’hier

Une charge qui me dessert

De vive voix

Empruntée

Tout va recommencer

REF ABSENTAP9

Guillaume HOOGVELD @2013 Droits réservés©


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