Archive for mars, 2011

Keitel / Bad lieutenant (Ferrara)

Posted in VIDEOS STREAM BAZAAR on mars 28th, 2011 by admin – Commentaires fermés sur Keitel / Bad lieutenant (Ferrara)

Attaque de paniques

Posted in NOUVEAUX FORFAITS TEXTUELS des membres on mars 28th, 2011 by admin – 11 Comments

Qui connait l’AngoiSSe du monde à son extrémité ?
Personne.Ils ne sont plus là pour témoigner.
Personne au bout de la corde. Aucun extrême de la peur.
Aucun procédé pour faire du beau avec l’AngoiSSe qui ne soit criblé de merde, et Cioran a autant de style que de simulacres
dans sa hotte aux plumes malgré tout étincelantes.

VIRILIO L’ecran domine l’ecrit

Posted in La disparition du Réel on mars 26th, 2011 by admin – 56 Comments


Protégé : La Vitesse : première inférence valide à TOUT ACCIDENT

Posted in POESIE LIVE - NOUVELLES PRODUCTIONS de Guillaume HOOGVELD on mars 20th, 2011 by admin – Commentaires fermés sur Protégé : La Vitesse : première inférence valide à TOUT ACCIDENT

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LE MONDE VA FINIR Baudelaire très amer, en écho au séisme absolu du Japon : J+3

Posted in PANTHEON DE GUILLAUME : Révélations de l'Absolu par la littérature on mars 15th, 2011 by admin – 4 Comments

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Le monde va finir ; la seule raison pour laquelle il pourrait durer, c’est qu’il existe. Que cette raison est faible, comparée à toutes celles qui annoncent le contraire, particulièrement à celle-ci : Qu’est-ce que le monde a désormais à faire sous le ciel ? Car, en supposant qu’il continuât à exister matériellement, serait-ce une existence digne de ce nom et du dictionnaire historique ? Je ne dis pas que le monde se réduit aux expédients et au désordre bouffon des républiques du Sud-Amérique, que peut-être même nous retournerons à l’état sauvage et que nous irons, à travers les ruines herbues de notre civilisation, chercher notre pâture, un fusil à la main.
Non ; car ce sort et ces aventures supposeraient encore une certaine énergie vitale, écho des premiers âges. Nouvel exemple et nouvelles victimes des inexplorables lois morales, nous périrons par où nous avons cru vivre.
La mécanique nous aura tellement américanisés, le progrès aura si bien atrophié en nous toute la partie spirituelle, que rien parmi les rêveries sanguinaires, sacrilèges ou anti-naturelles des utopistes ne pourra être comparé à ses résultats positifs.
Je demande à tout homme qui pense de me montrer ce qui subsiste de la vie. De la religion, je crois inutile d’en parler et d’en chercher les restes, puisque se donner encore la peine de nier Dieu est le seul scandale en pareilles matières. La propriété avait disparu virtuellement avec la suppression du droit d’aînesse ; mais le temps viendra où l’humanité, comme un ogre vengeur, arrachera leur dernier morceau à ceux qui croiront avoir hérité légitimement des révolutions. Encore, là ne serait pas le mal suprême.
L’imagination humaine peut concevoir, sans trop de peine, des républiques ou autres Etats communautaires dignes de quelque gloire, s’ils sont dirigés par des hommes sacrés, par certains aristocrates. Mais ce n’est pas particulièrement par des institutions politiques que se manifestera la ruine universelle, ou le progrès universel ; car peu m’importe le nom. Ce sera par l’avilissement des cœurs.
Ai-je besoin de dire que le peu qui restera de politique se débattra péniblement dans les étreintes de l’animalité générale, et que les gouvernements seront forcés, pour se maintenir et pour créer un fantôme d’ordre, de recourir à des moyens qui feraient frissonner notre humanité actuelle, pourtant si endurcie ! Alors, le fils fuira la famille, non pas à dix-huit ans, mais à douze, émancipé par sa précocité gloutonne ; il la fuira, non pas pour chercher des aventures héroïques, non pas pour délivrer une beauté prisonnière dans une tour, non pas pour immortaliser un galetas par de sublimes pensées, mais pour fonder un commerce, pour s’enrichir, et pour faire concurrence à son infâme papa, fondateur et actionnaire d’un journal qui répandra les lumières et qui ferait considérer le siècle d’alors comme un suppôt de la superstition.
Alors, les errantes, les déclassées, celles qui ont eu quelques amants, et qu’on appelle parfois des anges en raison et en remerciement de l’étourderie qui brille, lumière de hasard, dans leur existence logique comme le mal, alors celles-là, dis-je, ne seront plus qu’impitoyable sagesse, sagesse qui condamnera tout, fors l’argent, tout, même les erreurs des sens ! Alors, ce qui ressemblera à la vertu — que dis-je — tout ce qui ne sera pas l’ardeur vers Plutus sera réputé un immense ridicule.
La justice — si, à cette époque fortunée, il peut encore exister une justice —fera interdire les citoyens qui ne sauront pas faire fortune. Ton épouse, ô bourgeois ! Ta chaste moitié dont la légitimité fait pour toi la poésie, introduisant désormais dans la légalité une infamie irréprochable, gardienne vigilante et amoureuse de ton coffre-fort, ne sera plus que l’idéal parfait de la femme entretenue. Ta fille, avec une nubilité enfantine, rêvera dans son berceau qu’elle se vend un million. Et toi-même, ô bourgeois — moins poète encore que tu n’es aujourd’hui — tu n’y trouveras rien à redire ; tu ne regretteras rien. Car il y a des choses, dans l’homme, qui se fortifient et prospèrent à mesure que d’autres se délicatisent et s’amoindrissent, et, grâce un progrès de ces temps, il ne te restera de tes entrailles que des viscères ! Ces temps sont peut-être bien proches ; qui sait même s’ils ne sont pas venus, et si l’épaississement de notre nature n’est pas le seul obstacle qui nous empêche d’apprécier le milieu dans lequel nous respirons !
Quant à moi, qui sens quelquefois en moi le ridicule d’un prophète, je sais que je n’y trouverai jamais la charité d’un médecin.
Perdu dans ce vilain monde, coudoyé par les foules, je suis comme un homme lassé dont l’œil ne voit en arrière, dans les années profondes, que désabusement et amerture, et devant lui qu’un orage où rien de neuf n’est contenu, ni enseignement ni douleur.
Le soir où cet homme a volé à la destinée quelques heures de plaisir, bercé dans sa digestion, oublieux — autant que possible — du passé, content du présent et résigné à l’avenir, enivré de son sang-froid et de son dandysme, fier de n’être pas aussi bas que ceux qui passent, il se dit en contemplant la fumée de son cigare : Que m’importe où vont ces consciences ?
Je crois que j’ai dérivé dans ce que les gens du métier appellent un hors-d’œuvre. Cependant, je laisserai ces pages, parce que je veux dater ma tristesse.*

Baudelaire. Fusées

LUC DELLISSE récidive adroitement avec “CIEL OUVERT”, son dernier opus. Extraits.

Posted in NOUVEAUX FORFAITS TEXTUELS des membres on mars 9th, 2011 by admin – 29 Comments

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Zénith

C’était si bien le jardin aux yeux verts

Les portes ouvertes de la beauté

Le tremblement de la main de l’amour

Et l’espoir d’arriver à temps pour l’orage

C’était si bien le chemin dessiné

Avec le doigt sur la paume

Les lignes de vie, le signe du sourire

La profondeur de l’aiguille aimantée

C’était si bien dans le soleil un accident

D’oiseaux, le bruit aérien de la laine

Les tissus froissés, les ventres dénudés

Les plumes du génie de ta voix

C’était si bien la grandeur de la nuit

L’écriture rapide de nos spasmes

La prosodie du plaisir, fléchissant,

Remontant, le feu, le feu, le feu

C’était si bien nos enfants courant sur le lit

Le bruit de la clé dans la porte

Et le visage qui se relève et le choc

Sans fin du retour de l’éternité.

(30 août)

Contre-poison

Je suis avec toi dans le temps

Enroulés dans nos couvertures

Tu dors loin de moi et j’attends

Les longs doigts de la ville endormie

Redessinent tes yeux fermés

Je suis dans la cité du rêve

La montre bleue et l’écran noir

Le téléphone absent, le café dans la tasse

Les heures claires de la nuit

Plein de choses me manquent mais toi

Tu ne manques pas, tu me troues

Je sens le fruit de la douleur

S’ouvrir en deux entre tes paumes

Le suc délicieux et vivant

Coule sur ton poignet de velours

Petite vasque où je bois à genoux

Tu es glacée et ta lente salive

Pénètre les réseaux et les cordes

De mon corps nu, vibrant

Tous les bonheurs de la lumière sont venus

Par le philtre de ton regard

Ton rire vit en moi

Ta peau peinte avec le pinceau

Du matin – est ma lampe.

Faire-part

Ta main lisse posée sur le ventre

Ta douceur transformée en griffes

Tu montes en arrière dans la langue

Tu tournes la tête et tu chantes

Ta beauté de monstre savant éclate

Le feu crépite dans mes veines.

Je meurs

Je vois tes yeux de soufre et de salpêtre

Le jeu du tourbillon qui troue le plafond

Le ciel devient panique

L’été brûle les dernières fleurs

Je suis entré dans la douleur

J’attends la fin du jour, l’œil crevé

Le cyclope de la tempête

J’attends le vin et la froideur

L’amour a plus d’un tour

Pour nous briser le cœur

Je n’ai jamais été joueur

Je suis entré dans la douleur

Je dessine dans l’air ton visage

J’entends le chant de ta voix,

Le bonheur que tu m’as donné

Que tu m’as repris

Et qui reviendra un jour

Sans moi.

22 juillet

Tu es là

Tu es là, avec les yeux tournés vers la lumière

Je vois ta nuque, tes épaules rondes et nacrées

Et je vois le reflet de ton regard dans la trouée

Des nuages et dans le masque du soleil.

Je tire à moi l’espace en respirant entre mes poings

Je tourne dans un grand vent de papier qui se lève

Je gagne les régions mathématiques du rêve

Je dors debout en jouissant entre tes reins

Je parle dans la nuit sans prononcer un mot

Personne ne se doute des mots de mon silence

Je déconnecte tous les appareils de voyance

Je suis mort n’importe où et je vis dans tes bras

La signature de ton sang sur le bleu des draps

Où la main de l’artiste infléchit les jambages

Révèle la blancheur de la première page

Tu écris en saignant le roman de ta voix.

LUC DELLISSE 2011 ©





Luc Dellisse, écrivain et poète. Il enseigne à la Sorbonne et à l’Université de Bruxelles, a déjà publié aux Impressions nouvelles trois romans : Le Jugement dernier, Le Testament belge et Le Professeur de scénario,

La poésie est son cheval de Troie : grâce à elle, il pénètre sur des planètes inconnues. Mais c’est un rythme lent, souterrain. Les poèmes présentés ici sont issus de « Ciel ouvert«  son prochain recueil, à paraître en 2012, qui rassemble des créations depuis 2005.


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