Hommage à THOMAS SCH.

Tom, espèce de sale glaïeul, troène en basse-cour, photographe mondain, heureusement que ta silhouette, que dis-je, ta stature ressemble plus à un peuplier qu’à un oncle Picsou de Dysneysland.
Quand est-ce qu’on part, Tom ?

JE vais te dire pourquoi je reste ; tu m’as dit un jour : « je hais les départs » ; et bien moi je te répond qu’on peut partir en restant sur place, il y a les drogues mais c’est trop décevant, les drogues c’est pour les dix minutes qu’il reste. Moi je pars tous les jours et je dis Adieu, je dis, je pense, je scande Adieu, je pisse même Adieu. Mais la seule solution pour que tout ce qui me fait ressembler à un séculaire déplacement de pièces détachées soit possible -mais tu le sais- c’est la Musique. Je ne me donne pas trois jours sans Musique.

Comprends-moi bien mon ami, BACH me surprend à toutes les écoutes. Quant tu penses qu’on l’a ignoré pendant tout l’âge classique avant que les romantiques comme Busoni remuent les clavier et souffle l’esprit sur ses braises.

Je regrette de n’être pas venu à ta célébration universitaire d’autant plus qu’il devait avoir plein de filles frustrées à la recherche d’un prince charmant avec des Converses tachées.

Les femmes sont des images, elles donnent à voir mais elles ne donnent rien ou des dollars Ouzbek. Le couple est une équation impossible, dès le début c’est vicié, la pomme a un goût amer, mon ami. J’ai perdu tous mes amis en moins d’un an, c’est normal moi aussi je ne vois que des images, des fantasmes.

Dis-moi, est-ce que tu as choisi, et donc renoncé ? Est-ce que tu as choisi l’Art au détriment du monde des vanités pathétiques, oui, digne d’oboles ! Il y a toujours 0,1% de l’humanité qui donne sa Vie au profit des siècles à venir. Souviens-toi du livre à venir de Maurice Blanchot. Souviens-toi de Van Gogh, ce suicidé de la société, souviens toi de Nietzsche, Holderlin, Rilke, et Flaubert Bien sûr. Et j’en oublie tant.

Je te demande de souffrir moins que moi de ta condition à venir, je sais où tu vas, je te connais, malgré mes absences, malgré tes mondanités, qui peut-être, te soulagent de cet épuisement d’être soi-même. Nous savons tous les deux que rien n’est possible sans la pensée magique si chère aux romantiques allemands (H. Hesse) et qui demeure le vrai socle, et la seule direction à prendre, « le vrai chemin » de Kafka. Il n’y a que le Symbolique qui permet une quinte de plaisir, et surtout la quête du sens, la quête du chemin.
Je te donne toute mon Amitié et toute ma considération. Et ne m’oublie pas puisque je pense à toi. Pensons, en croisant nos imaginaires.

Il se joue éternité. Moi je n’attends qu’elle, je lui offre mon Corps.

fraternellement,

Guillaume

Guillaume HOOGVELD @ Abscisses & Ordonnées 2007 © RE-POST 2010 ©

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